ATELIER "EVALUATION"

 

 

Les établissements de santé sont conscients de la nécessité aujourd'hui de mettre en place une politique d'évaluation.

Cette obligation existait déjà dans la loi de 1991. Ainsi, l’article L.6113-1 disposait que "afin de dispenser des soins de qualité, les établissements de santé, publics ou privés, sont tenus de disposer des moyens adéquats et de procéder à l’évaluation de leur activité". L’article suivant (L.6113-2) précisait que les établissements de santé "développent une politique d’évaluation des pratiques professionnelles, des modalités d’organisation des soins et de toute action concourant à une prise en charge du malade afin notamment d’en garantir la qualité et l’efficience".

L’Ordonnance de 1996 poursuivait en mettant en place l’accréditation, définie dans l’article L.6113-3 comme "une procédure externe d’évaluation visant à porter une appréciation indépendante sur la qualité d’un établissement… à l’aide d’indicateurs, de critères et de référentiels portant sur les procédures, les bonnes pratiques cliniques et les résultats des différents services et activités de l’établissement".

 

 

1 – LES ENJEUX D’UNE POLITIQUE D’EVALUATION

 

L'évaluation est aujourd'hui indissociable de la procédure d'accréditation version 2. Celle-ci met en exergue trois principes : l'appréciation du service médical rendu, le renforcement de l'évaluation de la politique et de la qualité du management et l'accent porté sur la gestion des risques.

Il convient de rapprocher de cette nouvelle procédure, le nouveau dispositif prévu par la loi du 13 août 2004 relatifs à l'assurance-maladie : les médecins ou les équipes médicales d'une même spécialité exerçant en établissement de santé peuvent demander à ce que la qualité de leur pratique professionnelle soit accréditée.

Il ne s'agit plus haut aujourd'hui de répondre à la seule évaluation réglementaire d'installations techniques mais de mener une véritable politique d'évaluation dans le cadre d'une démarche pérenne d'amélioration continue de la qualité et de la gestion des risques.

La réforme de financement des établissements impose de maîtriser ses coûts et donc de s'attaquer au coût de la non qualité. L'actualité de la T2A engage à intégrer en management ces changements issus de la réforme du mode de financement des hôpitaux, à impulser la culture de l'efficience et à s'inscrire dans un contexte qui est celui de la comparaison et/ou de la concurrence.

 

Il faut rappeler que le service public repose sur trois principes : continuité, égalité et mutabilité. Ce dernier trop souvent oublié est l’adaptation continue du service pour répondre aux besoins évolutifs de la collectivité, cette adaptation requiert l’évaluation pour s’assurer du caractère approprié de la réponse aux dits besoins.

 

L'usager de l'hôpital est selon les situations à multiples facettes ou sommation de celles-ci : un patient, un client, un plaignant potentiel, une personne informée. Selon un récent sondage, les usager demandent d'évaluation des médecins. Ce consumérisme et cette "judiciarisation" marquent les attentes croissantes, légitimes et incontournables de la société en matière de qualité et de sécurité des soins. Cette double expression constitue aussi une forme d’évaluation-sanction dont les établissements ont tout intérêt - et au bénéfice des patients- à anticiper les désagréments par une évaluation garante des bonnes pratiques. Dans un registre assez proche, l’évaluation et les actions correctrices en découlant, gagent le niveau des charges financières inhérentes à la couverture en responsabilité civile professionnelle voire la pérennité même des contrats d’assurance.

 

Par l’évaluation réalisée suivant des modes opposables, l’hôpital  et ses acteurs tendent à établir a priori une relation de confiance avec les patients tout en valorisant auprès de ceux-ci la structure et les professionnels qui l’animent. Cette évaluation-amélioration de la relation "clients-fournisseurs" vaut d’ailleurs assez largement en interne et avec l’extérieur, elle ne peut qu’aider à la pluridisciplinarité et à la transversalité au sein de l’établissement, elle ne peut que majorer  la confiance des partenaires externes envers l’institution hospitalière.

 

L’évaluation accentue la responsabilité collective et individuelle des acteurs et les incite à la performance, elle est aussi source de motivation des professionnels vers un but partagé de qualité du service rendu dès lors que cette qualité est reconnue, objectivée et donc valorisante pour les équipes. Ces équipes doivent par ailleurs intégrer, pour s’y adapter, l’évolution rapide technique et scientifique propre au domaine de la santé, l’hôpital doit évaluer ce type d’impact pour optimiser les ressources matérielles et humaines, pour détecter les besoins en formation et en nouvelles qualifications et mettre en œuvre la GPEC.

 

Enfin, la pertinence des choix managériaux des directions hospitalières  au regard des ressources limitées ne saurait être établie sans évaluation prévisionnelle des projets présentés. La contractualisation externe et interne ne fera qu’accentuer cette exigence à l’appui des engagements pris et dans la juste mesure régulière de la satisfaction des objectifs retenus. Les établissements passent d'une obligation de moyens à une obligation de résultat.

 

La mise en place d'une politique d'évaluation conjointement à la mise en place de la tarification à l'activité représente un enjeu culturel fort pour les établissements et pour les professionnels. La pratique médicale est toujours un art mais s'associe de plus ou plus souvent à des actes techniques. Quand cette pratique peut être standardisée, il faut alors s'engager dans une évaluation de la démarche et/ou du résultat.

 

2 – LES LIENS ENTRE LA GOUVERNANCE ET L’EVALUATION

(QUI définit et QUI mène l’évaluation ?)

 

Le projet d’Ordonnance sur la gouvernance des établissements publics de santé insiste beaucoup sur l’audit et l’évaluation. Cette évaluation est organisée à tous les niveaux :

 

Ø      d’abord au niveau du Conseil d’Administration puisque l’article L.6143-1 nouveau précise que le CA arrête la politique d’évaluation et de contrôle de l’établissement (l’ancienne version restait sur l’expression relativement floue de "politique générale de l’établissement"). On voit bien par-là la volonté de centrer le rôle du CA vers des fonctions de "conseil de surveillance".. Néanmoins, rien n’est précisé sur cette politique d’évaluation sinon les indications données par l’article L.6143-3 nouveau : le CA peut, en cas d’écart significatif et prolongé entre objectifs et résultats, mettre en place un comité d’audit. Qu’est-ce que mesurer un écart entre objectifs et résultats sinon une évaluation ? Mais il semble que soient visés là uniquement des objectifs quantifiés : écarts par rapport aux prévisions d’activité, écart entre recettes et dépenses…

Ø      L’article L.6143-6-1 nouveau sur le conseil exécutif ne fait pas explicitement mention de l’évaluation, sinon indirectement puisqu’il est dit que le CE prépare les mesures mentionnées au 3° de l’article L.6144-1 nouveau.

Ø      Cet article L.6144-1 nouveau sur le rôle de la CME, précise dans son paragraphe 3 le rôle de cette instance en matière d’évaluation et il est grand puisque la CME organise … l’évaluation des pratiques professionnelles ainsi que celle des praticiens et prépare, avec le conseil exécutif, les plans de formation et actions d’évaluation correspondants. En outre, elle examine, en formation restreinte, …. les conclusions des organismes agréés chargés de l’évaluation des praticiens.

Ø      L’article L.6146-1 nouveau qui, après avoir posé que le CA organise l’hôpital en pôles d’activité sur proposition du conseil exécutif précise que ces pôles comprennent le cas échéant des services dont une des missions principales est l’évaluation des pratiques professionnelles et des soins…

Ø      La responsabilité des chefs de service dans la mise en œuvre de cette mission est rappelée à l’article L.6146-4 nouveau qui précise les conditions de leur nomination.

Ø      La politique d’évaluation au sein du pôle est définie par l’article L.6146-6 nouveau qui précise le rôle du praticien responsable de pôle. Ce dernier élabore avec le conseil de pôle les actions à mettre en œuvre pour développer l’évaluation des soins. Il fournit au Directeur et au Président de CME des éléments d’activité et d’évaluation qui comportent une évaluation de la qualité des soins. Les projets de pôles comportent des objectifs en matière d’évaluation des pratiques professionnelles… qui doivent obligatoirement être approuvées par les chefs de service du pôle.

Ø      Enfin, la Commission des soins infirmiers, médico-techniques et de rééducation qui est présidée par le Coordonnateur général des soins est consultée sur l’évaluation des soins infirmiers, médico-techniques et de rééducation ainsi que sur l’évaluation des pratiques professionnelles.

 

L'hôpital se structure en pôles qui définissent leur management conformément au projet d'établissement. Au sein des pôles, se déclinent les services où s'exerce l'art est le savoir médical. Au sein des services, les unités fonctionnelles sont les unités de production.

Le management par la qualité doit s'appliquer à chaque niveau. L'hôpital définit des objectifs, les pôles les déclinent, les services appliquent et les unités fonctionnelles les exécutent.

A chaque niveau, peut s'appliquer le modèle de la roue de Deming : planifier, réaliser, évaluer et corrigé.

 

 

3 – POLITIQUE D'EVALUATION

 

Quelques définitions et principes :

Le processus est défini comme "un regroupement cohérent d’activités, disposant de ressources, alimenté par des entrées, qui sont transformées en sorties en y apportant une valeur ajoutée pour le client".

Il existe dans nos établissements trois types de processus :

Ø      les processus de réalisation : ils interviennent dans la réalisation du produit ou de la prestation,

Ø       les processus de support : ils fournissent les ressources (humaines, matérielles, financières…) à tous les processus,

Ø      les processus de pilotage : ils donnent des directives aux autres processus (stratégie, organisation, niveaux de performance attendus…) à partir de l’analyse des différentes informations disponibles (missions assignées à l’entreprise, attentes et satisfaction des clients, indicateurs fournis par les processus…).

 


 


La politique d'évaluation est à mener à tous les niveaux : établissement, processus, pôle, service, unité fonctionnelle.

 

Il faut impliquer les acteurs, ceux-ci doivent être responsabilisés : c'est le management participatif.

La maîtrise des métiers est essentielle. La logique de recrutement se fait impérativement en lien avec le projet d'établissement.

Le processus cœur de métier de l'hôpital est le soin. Les processus managériaux (politique et stratégique, finances et analyses médico-économiques, communication, qualité et gestion des risques...) Ainsi que les processus supports (logistique, ressources humaines, techniques...) concourent à la réalisation du processus de soins et sont également pleinement concernés par la politique d'évaluation.

Le management par la qualité et la gestion de projet nécessitent de mettre en place une gestion des risques. Le terme gestion des risques intègre également la prévention des risques.

En effet, le risque est l'événement susceptible de perturber la réalisation des objectifs de l'établissement ou de l'organisation.

Pour mener à bien une politique d'évaluation, le management, à tous les niveaux, DOIT définir des objectifs ciblés, réalistes et progressifs. Ces objectifs s'intègrent dans le cadre global, coordonné et convergent d'un dispositif institutionnel

 

 

4 – LA NOUVEAUTE : L’EVALUATION DES PROFESSIONNELS

 

Il est à souligner que l'évaluation des professionnels n'est qu'un des champs de la politique d'évaluation.

 

La reconnaissance et l'évaluation des compétences s'expriment depuis déjà quelques années dans les préoccupations institutionnelles et professionnelles.

L'évaluation des professionnels intéresse les compétences et les pratiques professionnelles.

Elle concerne l'ensemble des professionnels de l'hôpital : managers, médecins, paramédicaux, personnels administratifs et techniques, partenaire...

Certes le soin est le cœur de métier de l'hôpital et sa prépondérance ne doit pas être niée. Mais il ne peut se réaliser sans les processus managériaux ni les processus supports (ressources humaines, logistique...). Ainsi, les professionnels de ces activités sont également concernés par l'évaluation. Les 100 premiers établissement de santé accrédités sans recommandation ni réserve sont tout à la fois des établissements publics et privés, des gros et des petits : il y a absence de lien mécanique entre qualité et ressources. Le point commun entre ces établissements est la qualité du management. Il apparaît donc indispensable d’évaluer  le management tout comme les pratiques médicales, paramédicales et de celles de tous les agents hospitaliers.

 

L'évaluation des pratiques touche à la fois l'exercice individuel et l'exercice collectif. À l'hôpital la prise en charge est pluridisciplinaire.

 

L'évaluation des pratiques professionnelles "collectives" est un axe fort de l'accréditation version 2. Elle est comparable à l'évaluation des processus de l'industrie. Ses liens et son incidence sur la T2A sont extrêmement importants. Les mécanismes sont étroitement intriqués.

L'évaluation des compétences est plus une évaluation individuelle. Elle relève d'une démarche professionnelle et de proximité où la formation initiale, la formation continue (avec l'obligation réglementaire pour tout médecin de s'engager dans l'évaluation de ses pratiques professionnelles ) et les conditions d'exercice professionnel ont un rôle fondamental qui implique nécessairement une coordination globale dans un souci de pilotage et de gestion.

 

L'évaluation des professionnels de santé constitue aujourd'hui un enjeu majeur au cœur des évolutions du système de santé. Elle participe directement "au développement d'une politique ambitieuse d'amélioration continue de la qualité des soins".

Elle permet notamment en santé comme ailleurs :

Ø      la gestion maîtrisée des risques,

Ø      l'adaptation des métiers aux évolutions techniques et scientifiques,

Ø      la professionnalisation des métiers et leur régulation interprofessionnelle,

Ø      la gestion prévisionnelle des emplois et des compétences,

Ø      la professionnalisation des métiers et la mise en œuvre d'une formation continue adaptée,

Ø      la reconnaissance des acquis de l'expérience,

Ø      la reconnaissance des tiers (parties intéressées, clients, partenaires),

Ø      la mesure de l’atteinte des objectifs attendus, de l’efficacité et l’efficience de l’organisation.

 

Cela conduit à une amélioration:

Ø      permanente des pratiques,

Ø      de la prise en charge des patients,

Ø      de la qualité des soins,

Ø      du management  au service de la "prise en soins" des patients,

Ø      des performances financières au service de la "prise en soins" des patients,

Ø      de la qualité du service rendu par les médecins,

Ø      de l'information de l'usager.

 

Comme préalable essentiel à cette évaluation, l'élaboration de "référentiels de métiers, de compétences et de pratiques" à décliner en fonction des spécialités s'impose.

 

En effet, il est nécessaire de penser l’évaluation au regard, certes, de l’individu qui exerce son métier d’origine (directeur, médecin, infirmier, technicien…), mais aussi en considération du caractère collectif de l’exercice professionnel, partie significative à l’hôpital public, mais encore des fonctions institutionnelles exercées au titre de représentation (instances consultatives…) ou au titre de management (responsable d’unité fonctionnelle, chef de pôle, membre du comité exécutif…). Ces positionnements, différents, doivent être distingués pour identifier, au mieux, le champ de l’évaluation au regard des questions que celle-ci soulève en matière d’engagement professionnel, de responsabilité et d’évolution professionnelle au fil de la carrière et des fonctions exercées.

 

En exergue, un rappel des responsabilités juridiques encourues est indispensable à la compréhension de l’approche de l’évaluation qui concerne les seules responsabilités professionnelles que les professionnels et l’institution peuvent légitimement apprécier.

 

Le fait d’exercer à l’hôpital engage le professionnel hospitalier selon les fonctions qu’il a acceptées ; ainsi, les responsabilités engagées seront de nature différente selon que l’on considère l’objet de la fonction et, en corollaire, l’autorité dont l’hospitalier relève.

 

Pour l’exercice de son métier, l’individu répond des codes et bonnes pratiques souvent établis par la corporation, au regard de son interlocuteur (exemple : le code de déontologie régit la relation médecin-patient) ;

En tant qu’agent public, il adhère aux valeurs attachées au service public;

En tant qu’agent public du Centre Hospitalier, il en accepte et exécute le projet d’établissement, œuvre collective établie selon le mode participatif découlant de la démarche stratégique et qu’il contribue à élaborer ;

Par la pratique de responsabilités managériales acceptées dans le cadre du projet d’établissement, il répond devant l’institution du rôle que celle-ci lui a attribué.

 

Responsabilité suppose engagement. Exercer des responsabilités sous-tend l’acceptation de celles-ci et l’établissement d’un "contrat" entre les deux parties.

Vis-à-vis de l’institution, c’est le projet d’établissement qui déterminera le contexte général et le contenu des rapports entretenus par les partenaires.

Cet engagement convenu entre les parties constituera le cadre de l’évaluation.

L’appartenance à une institution nécessite que soit défini le type de relation entretenue, soit déconcentration ou décentralisation pour la réalisation du projet d’établissement.

 

L’évaluation s’inscrit dans le jeu de cette délégation qui se nourrit des phases suivantes :

Ø      établissement des objectifs, des moyens et des indicateurs,

Ø      élaboration des conditions du compte-rendu et du contrôle,

Ø      définition des conséquences positive ou négative (gratifications-sanctions).

 

La question de l’évaluation et des conséquences qui en découlent ouvre le débat sur l’intéressement individuel ou collectif pour les fonctions managériales de tout niveau.

 

Les responsabilités exercées en rapport avec un engagement professionnel accepté supposent que soient définis, de manière non équivoque, les objectifs arrêtés et les moyens nécessaires à leur réalisation. De ce point de vue, les compétences requises pour exercer le type de fonctions doivent être évaluées, en préalable.

De même, la continuité de la performance doit être recherchée au fil de la réalisation du projet.

Et en cours de carrière, l’adaptation du professionnel aux fonctions susceptibles d’être exercées doit être assurée.

 

En la matière, un outil essentiel est constitué par la formation dont l’approche doit être distinguée selon la fonction exercée :

Ø      pour l’exercice du métier, la formation initiale et la formation continue sont nécessaires à la bonne gestion des impératifs de perfectionnement et d’adaptation à l’évolution technologique ou scientifique, à l’évolution des carrières,

Ø      pour l’exercice des fonctions managériales, c’est la formation institutionnelle qui s’impose autour des compétences particulières requises ou encore des thèmes structurant le projet d’établissement.

 

Le monde hospitalier n’échappe pas aux évolutions sociétales et il doit donc s’adapter aux contraintes qui lui sont propres : la démographie des professions de santé et l’évolution des techniques auront pour conséquence, de favoriser la transformation des métiers et il devient, également, nécessaire d’accompagner les reconversions qui s’imposeront du fait des mobilités professionnelles.

 

 

5 – LES OUTILS

 

Le benchmarking :

Le Benchmark est un repère de géomètre marquant une position et est utilisé comme point de référence.

Le benchmarking est un processus continu d'évaluation des performances, des produits - services, des fonctions, des méthodes et des pratiques par rapport aux meilleurs, aux concurrents ou non.

C'est l'action d'amélioration des processus et équipements d'une fonction de l'entreprise en les évaluant et en les comparant systématiquement avec ceux d'entreprises qui remplissent la même fonction.

Les entreprises observées doivent être leader pour la fonction considérée, sans qu'il soit nécessaire qu'elles soient dans le même secteur d'activité.

 

C'est une méthodologie qui consiste à rechercher en permanence les meilleures pratiques afin d'adopter ou d'adapter leurs aspects positifs et de les mettre en œuvre pour devenir le meilleur.

Cela implique la mesure, donc d'avoir des indicateurs identiques et comparables.

 

Dans la pratique, plusieurs types de benchmarking existent :

Ø      interne : en comparant des fonctions similaires dans les unités différentes de l'établissement. Le potentiel d'amélioration est faible (10 %) mais cela permet de réduire les écarts entre les différentes structures de l'établissement.

Ø      concurrentiel : en se comparant avec un concurrent plus ou moins direct. Le potentiel d'amélioration est intéressant (20%). Le classement des hôpitaux risque de se retrouver au cœur de ce débat. La Haute Autorité de Santé devra, probablement, réfléchir à la mise en place d'un club de benchmarker respectant la confidentialité des informations échangées.

Ø      générique : en se comparant avec une entreprise qui n'a aucun rapport avec notre métier. Le potentiel d'amélioration est très fort (≥ 35 %).

 

L'hôpital est-il prêt à être une entreprise comme une autre ?

 

Le benchmarking est un outil puissant d'amélioration. Mais il nécessite d'avoir identifié et compris ses pratiques et processus.

Il ne s'agit pas simplement de se comparer à un autre établissement mais de se comparer au meilleur sur tel processus ou telle pratique.

 

Les indicateurs

Plusieurs types d'indicateurs existent :

Ø      Indicateur de structure : mesure les moyens et les ressources utilisés par un système de santé pour offrir la prestation de soins répondant aux objectifs fixés (nombre de personnes qualifiées, nombre de chambres individuelles, nombre de lits à hauteur variable…)

Ø      Indicateur de processus : il mesure les activités qui permettent d'atteindre les objectifs

Ø      Indicateur de résultat : il mesure l'atteinte de l'objectif que l'on s'est fixé.

Ø      Indicateur de satisfaction des clients : il mesure le niveau de qualité telle qu'elle est perçue par le client (patient, médecin prescripteur, établissement pourvoyeur, tutelles…)

Ø      Indicateur sentinelle : il signale un événement ou un phénomène particulier qui déclenche systématiquement une analyse approfondie des causes et une action corrective rapide. Il peut être un indicateur de structure, de processus ou de résultat.

 

Les indicateurs doivent être représentatifs :

Ø      de la vision interne des résultats : par la mesure de la qualité des services réalisés par l'établissement de santé (la mesure de la performance et de l'efficience des processus),

Ø       de la vision externe des résultats : par la mesure de la qualité perçue par le client.

 

Un indicateur est pertinent (réaliste, significatif, mesurable, dimensionné), simple et précis.

 

Leurs choix relèvent du management.

Ces indicateurs doivent alimenter des tableaux de bord qui sont analyser à des temps définis au préalable afin de voir si les objectifs fixés sont tenus et s'il y a nécessité de réajuster.

 

Les audits

 

Tous les champs d'activité d'un établissement sont concernés.

Les audits sont d’initiative locale ( management, instances consultatives ) ou externes sur l'initiative des autorités ou d'organismes ( Mission DHOS…).

Ils peuvent être interne ou croisés (avec des auditeurs d'autres établissements).

Il peuvent des type ISO (management) ou clinique (pratiques professionnelles).

Dans le cadre de la gouvernance, des audits peuvent être également diligentés à la demande du Conseil d’Administration, sans doute essentiellement sur les approches financières.

Il s’agit de comparer des résultats à un objectif ( indicateurs ).

Une politique locale d’audit devra être établie annuellement intégrant la problématique des audits externes attendus. Elle concerne des points précis dans une démarche constante d’amélioration de la qualité.

 

Les résultats sont analysés par les instances techniques appropriées : Comité de gestion des risques, comité de morbidité-mortalité, CLIN, comité de sécurité transfusionnelle, comité de pilotage qualité, conseil exécutif, conseil de pôle…

 

La constitution d’équipes internes d’auditeurs selon les sujets traités s’avère nécessaire et la formation de ces derniers indispensable.

 

 

6 – L’EVALUATION et T2A

 

Le nouveau mode d'allocation de ressources aux établissements de santé va obliger à rechercher la performance. Le principe de tarifs nationaux connus pour les différents types de prise en charge va conduire à analyser ses coûts afin de les maîtriser ou de dégager une marge d'exploitation.

La dégradation de la qualité des soins peut être un effet pervers de la tarification à l'activité : le raccourcissement abusif de la durée de séjour entraînant des sorties trop précoces sources de ré hospitalisation, la non délivrance de soins optimaux consécutive à une recherche excessive d'économie dans le coût des hospitalisations du fait de l'adoption par les établissements d'un comportement productiviste.

 

Une politique d'évaluation va permettre de s'inscrire dans la logique de performance de la T2A : Performance = efficacité + efficience

 

L'efficacité, c'est répondre aux besoins des clients en terme de qualité et de sécurité.

L'efficience, c'est optimiser la mobilisation des ressources.

 

Dans le cadre d'une politique d'évaluation, la mesure de la satisfaction des clients est impérative. Ces clients sont en premier lieu les patients, les médecins adresseurs mais également la DDASS., ARH., C.P.A.M., les équipes…

La mesure de leur satisfaction passe par la mise en place d'indicateurs de satisfaction.

 

Parallèlement, les processus de l'établissement sont analysés. Il s'agit aussi bien des processus de soins que des processus support et des processus de pilotage. Des indicateurs seront mis en place pour évaluer les prestations.

La politique d'évaluation amène ainsi à une comparaison pour une recherche de meilleure performance. Le benchmarking prend là toute sa place.

Ainsi, la politique d'évaluation permet à l'établissement de s'armer face à la T2A en optimisant ses processus mais elle est également le garde-fou de ce mode de financement en s'assurant de la qualité des soins dispensés.

 

 

7 - CONCLUSION

 

Mener une politique d'évaluation est à l'heure actuelle impératif. Deux raisons amènent à mettre en place une politique qualité : la sécurité et la concurrence.

Les démarches d'amélioration continue de la qualité initiée en santé depuis quelques années l'ont été essentiellement sur des bases sécuritaires.

La T2A finance les établissements selon sa production de soin et l'amène à réfléchir sur ses coûts de non-qualité, elle les place également en situation de concurrence. Il y a alors un intérêt à agir institutionnel à agir avec ce nouveau mode de financement.

La politique d'évaluation est ainsi un outil essentiel de pilotage. Elle est la base de toute contractualisation externe et interne.

 

 

8 – RESUME :

 

Accréditation version 2

Compétences

Concurrence

Contractualisation

Gestion des risques

Management

Nouvelle gouvernance

Performance

Pratiques professionnelles

Qualité des soins

Responsabilisation

Sécurité

T2A